Growth hacking : le marketing à la limite du légal

L’innovation marketing ne cesse de prendre de l’ampleur, révélant ainsi de nouveaux concepts.

C’est notamment le cas du fameux growth hacking.

Derrière cet anglicisme (encore un) se cache toute une série de techniques destinées à accélérer la croissance des entreprises.

Mais c’est une notion qui demeure encore floue pour beaucoup de web marketeurs.

Alors, qu’est-ce que le growth hacking ?

Peut-on l’appliquer au quotidien pour son entreprise ?

Et surtout, comment être certain de ne jamais dépasser les limites ?

Le growth hacking, qu’est-ce que c’est ?

Le growth hacking est un ensemble de techniques marketing qui permettent d’assurer une croissance extrêmement rapide à une entreprise.

Le but est de maximiser la croissance, tout en réduisant les coûts au strict minimum.

Plus qu’une vraie méthode marketing, le growth hacking est en fait plutôt un état d’esprit.

Le growth hacking redéfinit en quelque sorte les contours du marketing classique, repoussant sans cesse les limites pour toujours plus de croissance.

On attribue souvent la paternité de cet philosophie à Sean Ellis, ancien cadre du désormais célèbre Dropbox.

Celui-ci, au moment de partir vers d’autres horizons, devait former son successeur à ces techniques de croissance rapide qu’il avait lui-même instaurées.

Ne parvenant pas à mettre de mots sur cette activité, il a alors trouvé inventé un nouveau terme.

Le growth hacking était né.

Depuis, cet état d’esprit est surtout l’apanage des startups.

Car ces jeunes entreprises doivent lancer au plus vite leur croissance, tout en ayant un budget restreint, voire très restreint.

Mais le growth hacking peut en fait s’appliquer à toutes les entreprises, qui souhaitent développer leur activité rapidement tout en diminuant les coûts.

Le growth hacking est souvent basé sur des procédures d’automatisation, afin de pouvoir déployer une stratégie à grande échelle.

En cela, le concept est souvent considéré comme étant à la limite du légal.

Pourquoi c’est limite ?

En soi, on ne peut pas vraiment dire que le growth hacking soit illégal.

Ses partisans diront plutôt que c’est une pratique non conventionnelle.

Mais le growth hacking flirte souvent avec les limites du légal.

Les méthodes employées pour convertir les clients, et ainsi maximiser le chiffre d’affaire, sont assez agressives.

Car on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs !

Les entreprises n’hésitent pas à utiliser des méthodes pas toujours déontologiques.

C’est le cas du web scraping par exemple, qui consiste à utiliser des scripts automatisés pour siphonner littéralement les infos d’un site web.

On peut ainsi récupérer toutes sortes d’informations utiles sur les concurrents.

Le growth hacking permet notamment de détecter automatiquement le moindre changement au niveau des prix ou des produits concurrents.

Les growh hackers utilisent également des faux profils sur le réseau social professionnel LinkedIn.

Le but est ici d’envoyer des invitations en masse, de façon automatisée, afin de se constituer un réseau colossal en très peu de temps, et à moindre coût.

Dès lors, la notion de vie privée s’en trouve un peu mise à mal.

Car le growth hacking permet de récolter des données personnelles sans que l’utilisateur n’ait donné son accord.

Et souvent sans même qu’il le sache d’ailleurs.

Toutes ces techniques très artificielles et agressives sont donc souvent considérées comme borderline.

Non seulement aux yeux de la déontologie du marketing, mais aussi aux yeux de la loi.

Portrait robot du growth hacker

Si toutes les entreprises peuvent appliquer le growth hacking, tout le monde ne peut pas s’improviser growth hacker.

Le growth hacker doit en effet posséder une excellente capacité d’analyse.

Car il faut sans cesse avoir l’œil sur l’optimisation du tunnel de conversion.

Le growth hacking exige également une réactivité à toute épreuve.

Et c’est particulièrement vrai dans le cadre de la veille concurrentielle.

Il faut aussi constamment innover, et être animé par une logique de résultat et de productivité.

En bref, le growth hacking, c’est surtout une question de motivation et de créativité.

La méthode AARRR pour une croissance rapide

En pratique, le growthhacking s’articule autour de cinq axes essentiels.

On illustre souvent le concept par l’acronyme AARRR : acquisition, activation, rétention, référence et revenu.

Acquisition

On entend par là acquisition de clients.

Pour ça, on va surtout travailler sur des techniques d’inbound marketing.

Moins chères à mettre en place, elles sont souvent bien plus efficaces que le marketing classique.

Mais on peut tout à fait les combiner à d’autres techniques plus traditionnelles, comme les campagnes d’emailing par exemple.

Il faut également bien travailler son SEO, afin d’attirer plus de visiteurs sur son site et ainsi générer plus de trafic.

Activation

Une fois qu’on a attiré les clients vers soi, il faut les pousser à s’engager.

Et pour ça, il faut miser sur des contenus attractifs, qui vont créer de l’interaction et incite l’utilisateur à réagir.

Cette phase peut prendre la forme de la création d’un compte personnel par exemple.

Rétention

Le growth hacking suppose également de retenir le client.

Le terme rétention peut supposer deux aspects.

D’une part, retenir le client sur son site, avec des contenus destinés à augmenter son temps de visite et à lui donner envie de poursuivre la navigation.

Et d’autre part, il s’agit de pousser le client à revenir sur son site, afin de transformer l’utilisateur en client régulier.

L’emailing et la newsletter restent des valeurs sûres pour maintenir un contact permanent.

Référence

Ici, il s’agit d’utiliser le client comme une référence pour en attirer de nouveaux.

C’est la parfaite illustration de la preuve sociale.

Les systèmes d’avis sont parfaits pour rassurer les indécis.

Les réseaux sociaux jouent également un grand rôle dans le growth hacking.

C’est en effet un support de communication très largement utilisé, et privilégié par beaucoup d’utilisateurs.

Revenu

Ce dernier axe du growth hacking parle de lui-même.

C’est d’ailleurs l’objectif ultime pour toute entreprise qui applique cette stratégie.

A savoir augmenter le revenu par utilisateur.

Le growth hacking est donc un excellent tremplin pour générer une croissance rapide et peu coûteuse.

Mais il faut bien faire attention aux méthodes employées.

Flirter avec les limites, les repousser sans jamais les dépasser, telle serait la devise du growth hacking.

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